Le protestantisme français a le vent dans les voiles

Les protestants français font la fête ! Par-delà l’aspect euphorisant de la chose, ils se targuent d’afficher une insolente progression statistique. Au pays des champions de la laïcité, la chose a de quoi surprendre. Cherchant à démonter des clichés et à surfer sur les nouvelles technologies, l’effet buzz est largement exploité pour traduire la vitalité des paroisses.

Bien entendu, certains effets de manche ne doivent pas masquer les éléments d’explication de ce dynamisme. Les initiatives d’évangélisation prises par l’Eglise Protestante Unie de France sont largement dans le sillage de la vitalité des nombreuses Eglises évangéliques. Rassemblés au sein d’une seule et même fédération, l’élan des uns se communique aux autres. Voilà peut-être de quoi méditer à l’heure où la situation helvétique n’est pas vraiment à l’apaisement entre « courants évangéliques » et autres sensibilités…

Un extrait de la page centrale du gratuit « Regards protestants » diffusé à 100’000 exemplaires à l’occasion de cette fête. L’historien et sociologue Sébastien Fath comment la progression du protestantisme français [cliquez sur l’image pour agrandir]

Un article sur le site protestinfo.ch

Une chronique « Juste Ciel » sur La Première

 

 

Journée EERV – pour les convaincus ou pour les distancés ?

Ce samedi 7 septembre 2013, la Journée de l’EERV a constitué une belle occasion de rassembler les talents des uns et des autres. Une occasion rare de se montrer les uns aux autres, les initiatives, les engagements, les réflexions, les actions et les réalisations achevées ou en cours.

Sans effectuer de sondage, on a pu aisément repérer que le public de cette manifestation état largement constitué de proches du « sérail » et que les « distancés » n’ont que marginalement participé à la fête. Loin de vouloir culpabiliser quiconque, ce constat révèle sans doute la difficulté de mobiliser au-delà des cercles déjà engagés. Pour alimenter la réflexion et, pourquoi pas, stimuler le débat, je m’interroge sur la stratégie à adopter en pareille situation. Faut-il fonctionner de manière concentrique en cherchant à rassembler le plus grand nombre de personnes motivées dans l’espoir qu’une « masse critique » se forme et qu’à la manière d’une réaction en chaîne la publicité et le buzz opèrent leur magie et fassent grossir les rangs ? Faut-il, au contraire, travailler non pas à rassembler les convaincus en un groupe visible, mais les envoyer tisser autant de liens que possible et à visibiliser leur spécificité en des lieux non identifiés à l’Eglise ?

Centrifuge ou centripète ? Quelles sont vos expériences et vos réflexions en la matière ? Pour réagir : un simple commentaire.

Les découvertes de Hetty Overeem

Etant en chemin depuis 2009 avec un mandat d’évangélisation dans l’EERV, je résume juste ce qui m’a travaillée le plus – et me travaille toujours:

1) Ma plus grande question : QUEL EVANGILE ?! C’est chouette de chercher de nouvelles formes, mais le contenu n’est pas acquis : le message des réformés est trop souvent perçu comme flou, une « spiritualité » avec tellement de place pour toutes sortes d’opinions que les gens se sentent perdus… ils pensent alors pouvoir rester dans un no man’s land, où ils n’ont pas besoin de choisir, de se tourner radicalement vers celui qui peut les libérer des chaînes du péché et de la culpabilité que ce péché provoque.

– Mais est-ce qu’évangéliser, c’est renvoyer à Hetty et « sa spiritualité » ? Ou être passionné pour (et par) Jésus-Christ mort et ressuscité pour nous libérer tous ? Est-ce que je suis d’accord de me laisser évangéliser toujours et encore d’abord moi-même par l’Esprit qui ne demande que ça ?!

2) Ma plus grande joie : Que Dieu fait tout… et qu’il me demande de me joindre à ses projets. C’est si simple mais si essentiel – et quand je l’oublie (mon plus grand piège !!) je fais toujours du travail et peut-être même du bon travail, mais ce qui se passe est alors «ancien » et jamais « nouveau » dans le sens de la vie nouvelle en Jésus-Christ qui remplace de plus en plus ce qui est ancien (2 Cor.5, 11-21). Cette vie nouvelle ne m’est pas familière et je ne l’ai reçue que dans ses débuts – mais elle me bouleverse… ! Elle change totalement ma manière de voir – et alors de faire.

La cabane installée à la gare du Flon (Lausanne)

3) Ma plus grande découverte : du temps en silence avec Dieu et les autres, sans aucune demande donc sans aucune pression : « Merci d’être là – si tu veux dire quelque chose, ok, si tu veux te taire, aussi ok ! »

4) Mon plus grand défi : la prière de Nicolas de Flüe :

Mon Seigneur et mon Dieu, enlève-moi tout ce qui m’éloigne de toi. Mon Seigneur et mon Dieu, donne-moi tout ce qui me rapproche de toi. Mon Seigneur et mon Dieu, enlève-moi à moi-même, et donne-moi tout à toi.

Je ne veux pas être simpliste, mais j’ai découvert que, quand je vis ça… j’évangélise !

Hetty Overeem, pasteure « Evangile-en-chemin »

Une émission de télévision consacrée à l’installation de la cabane au Flon (Lausanne)

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