L’Eglise d’Angleterre est fascinante

En séjour au pays de Sa Majesté, l’occasion m’est donnée de rencontrer quelques chercheurs et experts en matière de statistiques et d’autres (parfois les mêmes) en matière de Church Growth, c’est à dire « Croissance d’Eglise ».

De nombreux chiffres indiquent que les Eglises progressent dans certaines régions et régressent dans d’autres. L’intérêt réside non pas dans les grandes généralités, mais dans les motifs explicatifs de ces évolutions. Bien entendu, les facteurs externes sont nombreux : réalités économiques ou flux migratoires qui infléchissent la géographie des populations. D’autres facteurs sont liés à la globalisation du christianisme, aux mouvements charismatiques et aux méga-églises. Des éléments internes jouent également un rôle. Plusieurs chercheurs et instituts se sont spécialisés dans l’analyse des données statistiques en vue de proposer aux ministres et aux laïcs des outils de travail. Le pragmatisme britannique est en action permanente. La formule magique du graal de la progression numérique hante les uns et fait sourire les autres.

Peter Brierly

Selon Peter Brierley, réputé comme l’un des meilleurs connaisseurs des statistiques du christianisme britannique, l’Eglise d’Angleterre est au centre de toutes les attentions. La ville de Londres en particulier. Elle cumule le privilège de rassembler une large proportion des pratiquants anglais mais surtout, la progression numérique de certains quartiers intrigue largement. A ses yeux, cette évolution démontre pour la première fois un infléchissement de la sécularisation. Mais cette proposition fait débat. Selon Steve Bruce de l’université d’Aberdeen (Ecosse) la sécularisation progresse encore. Le révérend David Goodhew s’inscrit en faux dans un débat qui agite les milieux spécialisés depuis 2013.

David Goodhew

David Goodhew, à la tête du Centre for Church Growth Research, s’échine à promouvoir la progression du christianisme. Son institut, rattaché à l’Université de Durham, au nord de l’Angleterre s’efforce d’exploiter les résultats statistiques pour définir les causalités et élaborer des formations pour les personnes engagées dans les communautés. Dans ce processus, une mise en lumière théologique est un processus indispensable, ajoute le chercheur. Pour David Goodhew, les groupes évangéliques voire charismatiques ont le vent en poupe. Les statistiques londoniennes le confirment en ajoutant la notion d’église ethnique. Mais certains groupes « libéraux » enregistrent également des progressions. Ainsi, l’affluence dans les cathédrales du pays est-elle en forte augmentation et de nombreux programmes permettent aux touristes de passage d’assister à un service religieux ou de participer à une proposition spirituelle.

Bev Botting dirige le service des statistiques de l’Eglise anglicane d’Angleterre. Elle commente la récente recherche from anecdote to evidence publiée au début de l’année 2014. Nous avons tenté d’identifier les éléments qui entrent en corrélation avec les paroisses qui grandissent. Nous nous intéressons en particulier aux jeunes. L’évidence suggère que les Eglises qui grandissent ont davantage d’enfants et de jeunes. Nous avons découvert que la moitié des 60’000 Eglises du pays n’ont au maximum que 5 enfants qui participent régulièrement aux cultes. Et de toute évidence, les Eglises qui grandissent sont celles dont les enfants participent activement aux cultes. L’un des intervenants de la Conférence sur la croissance des Eglises londoniennes, le professeur émérite David Martin renchérit : je suis convaincu que le déclin des paroisses traditionnelles est moins lié aux personnes qui ont quitté la religion qu’à leur incapacité à socialiser les enfants.

Autre élément de progression : nous avons constaté que chaque personne engagée dans un mouvement pionnier a été capable de fidéliser 2,5 personnes nouvelles se réjouit Bev Botting. En filigrane, elle désigne les désormais fameuses Fresh Expressions of Church. Ces groupes ont émergé dès les années 70 explique George Lings, un autre sociologue engagé par un groupe indépendant, la « Church Army »., également expert dans ces nouvelles formes de communautés. Le phénomène alors marginal s’est très largement imposé comme l’Eglise montante dès 2004, à la publication d’un rapport sur l’Eglise d’Angleterre : mission-shaped church. Ce document, devenu un best-seller, a popularisé la notion de « Fresh Expression » et normalisé ainsi 15 types de groupes différents. Aujourd’hui ces églises sont estimées à 2’000, elles se déploient dans 20 formes canoniques. Certaines naissent et progressent, d’autres meurent. Environ un quart d’entre-elles enregistrent des progressions, précise Bev Botting. Quant on l’interroge sur les dérives de ces groupes très autonomes vis-à-vis de l’autorité ecclésiastique, George Ling se lance dans une nouvelle démonstration du pragmatisme flegmatique qui pétrit sa culture : « ces groupes ont un ADN commun qui permet à leurs membres de se sentir proche de l’Eglise Anglicane. Nous n’avons pas besoin de contrôle plus strict. Les groupes les plus marginaux s’éloignent d’eux-mêmes et les cas sont extrêmement rares ».

Influencées par cet élan de fraîcheur, certaines paroisses traditionnelles trouvent des forces pour soutenir de nouvelles implantations de Fresh Expressions. Et si Justin Welby, l’archevêque de Canterbury parle d’économie mixte, il faut constater que la cohabitation entre les différentes initiatives ne semble pas porter de préjudice. Un débat a néanmoins lieu autour de formes de concurrence entre groupes ou à propos de l’aspect éphémère de certains noyaux.

Pour poursuivre : Une édition de Hautes Fréquences, sur La Première, consacrée aux Fresh Expressions.

Des « Ressources » proposées par l’Église protestante unie de France

L’Église protestante unie de France publie un bisannuel  destiné à équiper et accompagner les professionnels et les bénévoles actifs dans les conseils. Les témoignages et les articles de fond alternent pour donner un ensemble cohérent et résolument orienté sur le partage et le témoignage.

Les numéros 1 à 5 sont en téléchargement sur le site et il est possible de s’abonner.

Site internet

Première soirée « vitamine-é »

Qu’est-ce ?

Une soirée informelle destinée à brasser des idées, se mettre en réseau, faire mûrir des projets en les soumettant à l’intelligence collective. Ces rencontres n’ont aucun aspect décisionnel, elles sont tournées vers la créativité. D’autre part, les éventuels liens hiérarchiques des participants ne doivent pas être déterminants.

Comment cela se passe-t-il ?

Une courte présentation (15 min) liée à la thématique permet d’entrer en matière. Le reste de la soirée est entièrement laissé à l’informel selon un concept « wine, cheese & church ». En fin de rencontre, une personne récolte quelques idées intéressantes issues des discussions.

 

La première soirée vitamine-é aura lieu le vendredi 23 mai 20h-22h au Foyer paroissial de Penthalaz.

Comment participer ?

  1. Etre inscrit au Réseau Khi pour recevoir le mail d’invitation. Inscriptions ici
  2. S’inscrire via le lien « doodle » contenu dans l’invitation.
  3. Attention : seuls les 15 premiers inscrits participent à la rencontre.
  4. Aucune finance d’inscription ou de participation, mais …
  5. … chaque participant vient avec de quoi partager (fromage, charcuterie, pain, vin, etc.)
  6. Les rencontres durent de 20h à 22h.

Pourquoi limiter le nombre à 15 personnes ?

  • Pour garantir la convivialité de la rencontre.
  • Pour favoriser la possibilité de rencontre chacun des participants.
  • Pour faciliter l’organisation.
  • Pour encourager la multiplication de ce genre de rencontres et, pourquoi pas, encourager des rencontres décentralisées s’il y a de la demande.

 

L’Église émergente en contexte anglophone

Andy Buckler est permanent de l’EPUF chargé de formation et d’évangélisation. Ancien ministre de l’Eglise anglicane d’Angleterre à Oxford. Il a également exercé en Russie, puis en France, à Mantes-la-jolie.

Andy Buckler est le « monsieur évangélisation » de l’Eglise Protestante Unie de France. Issu de l’Eglise anglicane du Royaume Uni, il nous propose une perspective historique et contemporaine sur la recherche autour de ce que le monde anglo-saxon appelle « l’Eglise émergente ».
Voici les notes de cette contribution faite le 31 mars 2014 à l’Université de Strasbourg, dans le cadre de la journée d’étude consacrée à l’évangélisation.

Le titre de cette contribution est ambigu : l’ « Eglise émergente » n’est pas un bloc uniforme. C’est un mouvement, un ensemble très divers et innovateur. Le contexte anglophone est fragmenté en une multitude de sous-cultures !

Les mots « évangélisation » et « mission » ont évoqué, dans l’histoire, deux dynamiques différentes. La mission désignait la réception de l’Evangile dans des cultures étrangères (inculturation). Alors que l’évangélisation était considérée comme la tâche de l’Eglise dans un contexte historiquement chrétien, destinée à renouveler le message. La mission est dialogue entre message évangélique et culture en vue de la création de quelque chose de nouveau. Cette démarche est plus complexe que la seule annonce de l’Evangile.

En vertu des bouleversements culturels actuels la distinction entre mission et évangélisation perd de sa pertinence. L’Eglise doit à nouveau devenir missionnaire. C’est un défi en Europe anglophone.

L’idée de percevoir le contexte socio-culturel comme une terre de mission vient de Brian McLaren (USA). Pour lui, un nouveau monde appelle à une nouvelle Eglise. Il s’agit de repenser la théologie. Ainsi naît le mouvement des Eglises émergentes en Amérique du Nord. Il se fonde en opposition aux Eglises historiques (main stream). En Angleterre, la dynamique s’exprime autrement. Au sein des structures de la Church of England (CoE), de nouvelles formes d’Eglises sont fondées en cohabitation souple et créative – il s’agit des fameuses « Fresh Expressions ».

Constatant l’écart grandissant entre Eglise et société, la CoE envisage un repositionnement radical. Ceci s’opère en trois temps successifs.

  1. 1945-1985 : la priorité consiste à présenter à nouveau une foi reçue dans l’enfance. Les outils principaux sont la prédication et la réunion d’évangélisation. De nombreuses paroisses organisent des « temps de mission » en sollicitant la présence d’un évangéliste dans le style Billy Graham. Au centre, la notion de réveil et donc l’appel à la conversion (relativement rapide). Cette perspective fait appel à du connu pour le stimuler.
  2. 1980-2000 : Le modèle précédent fait place à l’idée de présenter la foi à ceux qui n’ont pas grandi avec une éducation religieuse. Cependant les fruits sont décevants et le recul se poursuit. L’approche est de moins en moins frontale. Exemple avec les parcours de découverte de la foi (Alpha). On envisage l’adhésion par l’expérimentation et le cheminement collectif. Le modèle biblique est celui du chemin d’Emmaüs. La place de la communauté est mise en valeur. Il s’agit de souligner le lien avec la foi vécue localement. L’importance est placée sur les témoins (membres de l’Eglise).
  3. Depuis 2000, l’enjeu est d’entrer dans une logique centrifuge. On va vers ceux qui n’imaginent pas mettre les pieds à l’Eglise, les distancés voire les « non churched ». L’envoi missionnaire à destination de ces personnes passe par l’implantation de nouvelles formes de communauté contextuelles. Le modèle biblique est le schéma paulinien de fondation d’Eglises. En 1994, la CoE édite un rapport dans lequel il cherche un cadre pour ces essaimages de paroisses existantes. La validité du modèle est reconnue par l’institution. Cette stratégie d’implantation doit être complémentaire au modèle paroissial. En 2004, un nouveau rapport souligne une évolution importante. Il relève que de nouvelles formes locales émergent en beaucoup d’endroits. La question qui se pose est : Comment les encadrer ? Le rapport (Mission shaped church, Church planting and fresh expressions in a changing environnement) soutient cette évolution et signale un changement de stratégie de la CoE. En vertu d’une méthodologie contextuelle, un groupe de travail s’est mis à l’écoute des dynamiques locales. Il s’interroge sur la meilleure façon de soutenir ces initiatives. Le rapport identifie 12 types de nouvelles communautés en fonction des éléments suivants : Cultes innovants. Communautés de base. Eglises dans des cafés. Groupes de maison. Eglises issues d’engagements associatifs (social). Cultes en semaine. Eglises avec plusieurs cultes. Eglises de réseau. Eglises dans des Ecoles. Eglises de style adapté aux populations en recherche. Implantations traditionnelles. Formes de spiritualité traditionnelles renouvelées. Eglises pour jeunes. Par la suite, deux nouvelles catégories vont s’ajouter à cette liste : les Eglises pour les enfants et les Eglises pour familles avec jeunes enfants. Ce rapport se penche longuement sur les liens entre Eglise et société.Il souligne l’écart grandissant qui accompagne le déclin du christianisme. Mais il le relit théologiquement comme une occasion à saisir. Il développe la conviction que le déclin sera arrêté par la repentance de l’Eglise. Ainsi, la culture ambiante n’est pas perçue comme une menace, mais comme une chance. Ce rapport 2004 développe trois nouveaux concepts :
    1. Les « Fresh Expressions » représentent une transition vers une forme plus missionnaire de l’Eglise. La pratique précède la structure conceptuelle. Ces formes d’Eglise s’orientent vers une culture changeante. Elles sont tournées vers les personnes qui ne sont pas encore membres. Les valeurs de base sont l’écoute, la notion de service, l’idée de mission incarnée et le discipulat. Le texte déclare que ces communautés ont « un potentiel de pleine expression de l’Eglise ». Il reconnaît que ces groupes sont des formes à part entière. Le système paroissial traditionnel est toujours pertinent, mais ne peut plus accomplir son objectif missionnaire.
    2. L’idée d’économie mixte émerge. Elle désigne un partenariat actif dans un cadre plus large. Le cadre de la CoE permet aux nouvelles formes de coexister avec les formes traditionnelles avec une forte notion de solidarité et respect mutuels. Le modèle théologique s’appuie sur l’idée des relations trinitaires ainsi que le modèle biblique des Eglises de Jérusalem et d’Antioche. L’Eglise a besoin de ces deux approches. L’institution n’est pas là pour écraser, mais encourager et encadrer. Pour ce faire, elle dispose d’un fort élément d’unité : l’évêque. Celui-ci est garant des liens entre communautés.
    3. En troisième lieu, le rapport laisse émerger la notion de « double listening. » Il s’agit de se mettre à l’écoute de la culture comme de la tradition de l’Eglise. La dynamique est la suivante : A, Ecouter le contexte contemporain. B, valider certains éléments à la lumière de la foi. C, engendrer un processus initial de lancement de nouvelles formes de présence.

Cinq valeurs fondamentales permettent de valider et d’encadrer ces nouvelles démarches. 1 centré sur le Dieu de la trinité 2 « incarnationnel »3 transformationnel (rupture) 4 fait des disciples (croissance) 5 relationnel (communautaire).

L’encadrement passe par un processus d’accompagnement épiscopal qui s’oriente selon la philosophie suivante : quelle est la trajectoire pour arriver à définir les contours d’une « fresh expression » au sein du cadre fixé. Il s’agit non pas d’abord de sanctionner, mais de guider.

Quatre guides (marques) caractérisent toute démarche : le respect de la notion d’unité de l’Eglise ; la recherche de sanctification (verticalité) ; l’accent mis sur l’apostolat (démarche missionnaire) ; l’intégration dans l’idée de catholicité (universalité de l’ensemble – interdépendance avec les autres formes d’Eglises).

Rapport reçu avec enthousiasme – voté à l’unanimité par le synode et imprimé à 17’000 ex. Lancement du site web – En trois ans, plus de 700 expériences de nouvelles formes d’Eglises se manifestent. La CoE développe de nombreuses références et des documents pour encourager ces nouvelles formes. Des partenaires œcuméniques se joignent à la démarche – Eglises méthodiste, Eglises réformée unie, armée du salut, Eglise d’Ecosse, …

Un tiers des recommandations du rapport tourne autour de la formation (des ministres et laïcs). Economie mixte – 1, formation universitaire classique + modules d’évangélisation 2, nouvelle formation pour ceux qui ont une vocation spécifique. Ministère pionnier d’implantation de nouvelles Eglises pour laïcs et ministres. Encouragement pour discerner le charisme de pionniers. Formation menée à côté de l’exercice d’un ministère – en cours d’emploi. Dès 2005, la CoE définit les contours d’un ministère pionnier ordonné. En 2007, elle ajoute un ministère de pionnier laïc. Les outils à disposition des paroisses comprennent : des journées de sensibilisation à la dimension missionnaire de l’Eglise. Un parcours de 6 soirées pour introduire localement la dynamique de mission shaped church. Un parcours de formation d’un an (24 unités modulaire) pour leaders.

Eléments d’évaluation critique de cette démarche : 1, A propos de la stratégie : cette approche entre-t-elle en collusion avec la post-modernité (consumérisme, individualisme) ? La foi chrétienne est-elle capable de prendre de la distance. 2, Quid de la pérennité ? De la 2e génération ? Renouvellement permanent ? Réseau plus stable ? 3, Le principe de l’inculturation mène à un éclatement – une fragmentation de l’Eglise. Quid de l’aspect universel ? 4, Une économie mixe (paroisses traditionnelles et « fresh expressions ») peut-elle vraiment fonctionner ? Risque que les nouvelles expressions siphonnent les paroisses ?

Un nouveau rapport est édité en 2014. Il s’intéresse aux critères de croissance et de déclin. Il constate que l’idée d’une Eglise pour la mission traverse toutes les tendances de la CoE. Il enregistre que la croissance est aussi présente dans des paroisses plus traditionnelles (cathédrales, city churches). Les « Fresh expressions » restent en lien avec les paroisses traditionnelles. Depuis 2005, environ 2’000 nouvelles expressions sont nées dans la CoE (env. 50 par diocèse). Elles constituent le 10% des personnes qui fréquentent l’Eglise. La progression se poursuit entre 2004-2012. On distingue, en particulier, d’importants taux de croissance (250%) dans de petites équipes pionnières (3-12 personnes). Les « Fresh Expression » sont, en moyenne constituées : de 25% de fidèles, de 35% de sympathisants distancés et de 40% de néophytes complets. La recherche s’intéresse aux huit facteurs de croissance.

Quelques éléments autour du contexte français

Le contexte français, très différent. En particulier la notion d’Eglises issues de la migration.

Quelques défis :

  1. Changer de logique pour devenir une Eglise missionelle. EPUF – Eglise de témoins – il faut tout revoir par la perspective de l’évangélisation. Trouver notre place dans la mission de Dieu. Mourir à une certaine identité (une identité d’opposition – contre les catholiques, les évangéliques). Quitter l’idée de la maîtrise complète.
  2. Replacer l’évangélisation au cœur d’une dynamique communautaire.
  3. Avancer à plusieurs vitesses – pas de compétition, mais forces d’innovation.
  4. Développer une créativité tournée vers l’extérieur (double écoute)
  5. Soigner la formation de leaders et de laïcs. (notion de « mission shaped ministry » – ministère orienté sur la mission). Il s’agit de mettre en place une perspective dynamique et non pas statique.

Derrière le rideau de la cuisine du Projet Khi

Fruits en vente dans les rues de Séoul

Dans l’officine du Projet-Khi, plusieurs marmites sont sur le feu. Nous sélectionnons les produits destinés à porter des fruits. Des recettes se préparent et seront prochainement soumises à des tests de dégustation.

L’un des plats mitonnés s’intéresse à un protocole d’intervention dans les paroisses. Il s’agit de filmer une rencontre ordinaire d’un groupe, par exemple un Conseil. Les images sont alors analysées en vue de la sélection d’un ou deux passages intéressants. Dans un troisième temps, les images sont projetées au groupe dans la perspective de croiser les regards et de donner des interprétations qui font sens. Cette analyse vise à entrer dans une compréhension renouvelée de l’engagement des protagonistes, du fonctionnement et des objectifs du groupe.

Une autre recette s’appuie sur le travail de l’Eglise anglicane d’Angleterre. Celle-ci a fait un vaste travail de recherche sur les paroisses en croissance ou en diminution. Elle a pu identifier huit éléments liée à la progression de ses paroisses. Nous cherchons à tirer, des résultats de cette recherche, une animation destinée aux paroisses, aux services communautaires et aux régions.

21-23 nov. 2014 | Un événement à ne pas manquer !

Journées « vitamine-é »

Crêt-Bérard | 21-22-23 novembre

Journées d’échange et de découverte autour de la croissance en Eglise.

A l’aide d’interventions courtes et variées, de témoignages, d’invités expérimentés, de temps d’échange et de célébrations, nous chercherons ensemble des pistes pour vitaliser nos lieux d’Eglise, dynamiser nos projets et susciter un élan motivant pour nous et pour ceux que nous côtoyons.

  • Une méthode originale
  • Un contenu proche de vos réalités
  • A vivre (si possible) en groupe déjà constitué*
  • Eléments spirituels, théologiques et pratiques
  • Présentation de cas d’école

* Nous encourageons les Conseils et groupes (paroisses, régions, aumôneries, etc) à discuter ensemble du contenu des interventions proposées lors de ces journées. Une participation individuelle ou en délégations est possible.

Organisation : EERV (ORH, Projet Khi) – Crêt-Bérard

 

10 mai 2014 | Évangélisation et unité des chrétiens

La CECCV organise une journée de réflexion autour de l’évangélisation en contexte de dialogue oecuménique.

Avec, entre autre :

  • Daniel Willis. Directeur au Mouvement de Lausanne (évangélique)
  • Past. Hubert Van Beek, secrétaire émérite du Forum chrétien mondial (réformé)
  • Mgr Alain de Raemy. Evêque auxiliaire du Diocèse Lausanne, Genève, Fribourg (catholique)

Lieu : Centre œcuménique de Vassin, Chemin de Vassin 12, La Tour de Peilz
Date : samedi 10 mai 2014, 9h-16h
Détails et références sur le site de la CECCV

29 janvier 2014 | Le Courage d’être chrétien, le courage d’habiter son lieu

Professeur associé du département de théologie morale et éthique de l’Université de Fribourg, Thierry Collaud était de passage à Echallens, le 29 janvier, pour une soirée œcuménique consacrée au témoignage.
Bon communicateur, l’éthicien qui est aussi médecin et philosophe, a transmis son expérience du témoignage chrétien. Reflets de l’un des participants, Daniel Russ.

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D’emblée, Thierry Collaud pose le cadre de sa démarche sur «Le courage d’être chrétien» en ajoutant «Le courage d’habiter son lieu». Il démarre son propos sur une série de questions qui lui a été soumise.

  • Qu’est-ce qu’être chrétien ?
  • Comment vivre et témoigner de sa foi de façon positive
  • Se réclamer de la foi chrétienne ne va plus de soi
  • Quel est notre lieu comme chrétiens aujourd’hui?
  • Qui sommes-nous vraiment, qui voulons-nous être?
  • Est-il possible de trouver le chemin d’une foi vécue qui nous rend plus et mieux humain et qui donne à d’autres l’envie de découvrir notre secret.
  • Comment rendre compte de sa foi à l’heure du relativisme religieux?
  • Y a-t-il un comportement spécifiquement «chrétien»?

Plutôt que de répondre directement, le conférencier nous emmène sur le parcours de nos peurs. Son analyse est claire : Si la peur est omniprésente, elle paralyse. C’est justement le courage qui permet de ne pas être «sidéré». Niée, la peur entraine un comportement téméraire, voire dangereux. Le courage permet d’agir de façon pondérée en cas de peur, d’angoisse, de souffrance, ce qui est toujours inconfortable et menaçant.

Être chrétien: adjectif ? ou … substantif ? Pour lui, être chrétien est clairement un substantif : On est enfant du Père, c’est notre enracinement notre patrie. Et on n’est pas seul enfant du père, comme chrétien, il est indispensable de vivre en communauté, de l’identifier, puis de la soigner.

Ensuite, Thierry Collaud parcourt nos peurs face à l’affirmation de notre foi: si on s’éloigne de la communauté, ou si elle menace de disparaitre, nous aurons peur de la distance: « je serai seul, apatride, et sans identité. Si j’investis trop cette communauté, je la surhabite, avec le risque de volonté de maitrise managériale ou d’intégrisme ».

Entre ces deux extrêmes, il y a le courage de la différence dans l’appartenance symbolisé par cette magnifique formule:

Pouvoir vivre l’Église dans sa diversité, dans son unité, dans son mystère inappropriable comme lieu de l’inattendu, de la grâce.

À l’opposé, nous pouvons vire la peur de la proximité, d’être pris au piège, de perdre son identité et son indépendance, ou de la peur de l’envahissement, caractérisé par la peur de l’autre et de sa différence, comme par exemple l’étranger qui dérange. Alors, l’hospitalité illustre parfaitement ce courage de renoncer à la maîtrise des lieux: «Ce n’est pas moi qui construis et définis les contours de l’Eglise».

Pour terminer, ou plus précisément pour introduire la réflexion sur les huit questions, le Professeur Collaud aborde la peur du regard de l’autre, peur de se singulariser, peur des réactions, peur de devoir se justifier: entre la paralysie et l’hyperactivité non maîtrisée, il y a justement ce courage du témoignage: ce témoignage qui autorise à raconter ou donner à voir une histoire, qui au-delà de la simple factualité, renvoie à l’Absolu qui me fait vivre.

Dans l’échange avec le public attentif, Thierry Collaud relève que le courage croit dans la vie, on ne devient pas sage en un jour, on le devient progressivement.

Le témoignage interpelle seulement. Le manque d’arguments pour convaincre n’est pas primordial dans un témoignage, car ce n’est pas que ce qui est dit qui est essentiel, mais ce qui transparait.

Le débat se termine par cette affirmation: je suis responsable de ma foi devant les autres, mais pas de la foi des autres.

Pour faire suite à cette rencontre, la pasteure et formatrice d’adultes Christine Nicolet van Binsbergen animera trois soirées de partage autour du thème du courage et des peurs.

Cette soirée œcuménique était organisée par la paroisse catholique d’Echallens et par la Formation d’adulte de la Région Gros-de-Vaud – Venoge de l’EERV, sous la conduite de Christine Nicolet van Binsbergen, pasteure à Cossonay, formatrice d’adulte.

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